Choisir un bracelet connecté

bracelet connecté

Depuis leur arrivée en France au début des années 2010, les bracelets connectés se sont multipliés. La fonction d'origine était le podomètre, que l'on retrouve sur pratiquement chaque modèle ; les fabricants y ont ajouté depuis un grand nombre de mesures.

Ce qu'ils font

Reliés au téléphone, la plupart affichent les notifications reçues, messages, courriels, appels entrants, et les modèles les plus complets commandent l'appareil photo et le lecteur de musique.

Chacun s'accompagne d'une application qui récupère les données et les présente sous forme de courbes et d'objectifs. C'est en réalité l'application, plus que le bracelet, qui fait la différence entre deux modèles.

Montres de sport et de santé

Les modèles orientés forme et santé suivent l'activité physique et plusieurs paramètres physiologiques. Ils embarquent des capteurs qui mesurent la fréquence cardiaque, le sommeil, la variabilité du rythme cardiaque et, sur les modèles récents, la saturation en oxygène du sang.

Les principaux fabricants, Fitbit, Apple, Garmin, Samsung, Withings, Polar, proposent des modèles intégrant en outre un GPS, des plans d'entraînement et des notifications.

Ce que valent les mesures

C'est la question qui compte, et les réponses de la recherche sont assez constantes.

Le nombre de pas est fiable en marche normale, moins en poussant un chariot ou en portant quelque chose. La distance et les calories sont des estimations dérivées, avec une marge d'erreur importante.

La fréquence cardiaque au repos est mesurée avec une bonne précision par les capteurs optiques ; en effort intense ou par intervalles, l'écart avec une ceinture pectorale devient sensible. Pour un entraînement en zones cardiaques, la ceinture reste supérieure.

Le sommeil est estimé à partir du mouvement et du rythme cardiaque. La durée totale est raisonnablement approchée ; la répartition en stades, léger, profond, paradoxal, n'a pas la précision d'un examen du sommeil, et il ne faut pas la lire comme un diagnostic.

La saturation en oxygène et les mesures de tension proposées par certains modèles sont indicatives. Un appareil non marqué comme dispositif médical ne sert pas à surveiller une pathologie.

Ce qui distingue vraiment deux modèles

Cinq critères, par ordre d'importance à l'usage.

L'autonomie : de 2 jours à 3 semaines selon les modèles. C'est ce qui détermine si l'appareil est porté la nuit, donc si les données de sommeil existent.

La présence d'un GPS intégré, indispensable pour courir sans emporter son téléphone ; à défaut, l'appareil utilise celui du téléphone.

L'étanchéité, exprimée en ATM ou par une norme : cinq ATM permettent la natation, un simple indice de protection à l'eau ne le permet pas.

La compatibilité avec le système du téléphone, et la possibilité d'exporter ses données dans un format ouvert.

Et la politique de mise à jour : un bracelet dont l'application n'est plus maintenue devient un objet inerte, ce qui est arrivé à plusieurs marques.

Les données de santé

C'est le point le moins regardé et le plus sensible. Fréquence cardiaque, sommeil, cycle menstruel, localisation des parcours : ce sont des données personnelles, et certaines relèvent des données de santé, dont le traitement est strictement encadré par le règlement européen.

Trois questions valent d'être posées avant d'acheter. Où sont hébergées les données ? Sont-elles partagées avec des tiers, et lesquels ? Peut-on les exporter et supprimer son compte ?

Une vigilance particulière s'impose sur les offres d'assurance ou de mutuelle proposant des avantages contre la transmission de données d'activité : l'usage de données de santé à des fins de tarification est encadré, et ce qui est cédé une fois ne se reprend pas.

À quoi cela sert vraiment

Les études sur l'effet des bracelets d'activité convergent : ils augmentent modestement le nombre de pas quotidiens, surtout dans les premiers mois, et l'effet s'atténue ensuite.

Leur intérêt principal n'est donc pas la précision de la mesure mais la prise de conscience qu'elle provoque, voir qu'on marche 2 000 pas par jour et non 8 000 change davantage les habitudes qu'un capteur à 5 % près.

Un mot de prudence, enfin : chez les personnes sujettes à une préoccupation excessive du corps, du poids ou de la performance, la mesure permanente peut entretenir le problème plutôt que le résoudre. L'appareil se met alors de côté sans regret.

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